Cet article fait suite à celui déjà publié : Paris en noir : 1ère Partie.
Malgré toutes ces incohérences, je tente en vain de comprendre la nature de l’affaire. Le propriétaire ou le cuisinier du kebab sort alors et vient me parler. Il est vêtu de blanc et cherche à savoir ce qu’il se passe avec moi. Un court instant mon attention et distraite et la distance qui me sépare de cette femme agitée se réduit. Elle profite de ce moment d’inattention pour sauter et agresser à nouveau cette jeune femme, en lui donnant des coups et lui tirant les cheveux. Je m’interpose de nouveau entre les deux femmes et les sépare tant bien que mal.
La pauvre s’enfuit en hurlant à nouveau et en courant plus vite qu’un athlète de 100 mètres. De mon côté, je tiens l’agitée par les deux avant-bras. Je me retourne un instant, mais la demoiselle est déjà moi, je ne distingue plus que son ombre loin au fond.
Cette Africaine se débat toujours entre mes mains qui la tiennent fermement et je ne lâche pas prise. Elle me mord une première fois sur le haut des doigts. Voyant que le lieu de la morsure n’est pas très charnu, elle essaye de m’attraper les roubignoles(1), mais j’esquive. Puis c’est au tour de mon bras droit de se faire mordre avec une énergie incroyable ! La douleur envahit mon corps et pourtant je reste impassible. Je ne me défends pas et après 3 secondes, elle relâche sa proie.
La douleur est intense et remonte jusqu’a mon épaule pourtant je suis calme. Entre temps, de jeunes clients du kebab interviennent pour nous séparer. Je lâche enfin lorsque je constate qu’ils la tiennent correctement.
La situation n’est plus confuse à ce moment. Mais pour ces jeunes hommes magrébins, il en est autrement... L’un d’eux me regarde comme un accusateur pourrait le faire. Je lui montre mon bras mordu, tant ma douleur est vive, mais je ne réalise pas que je ne montre qu’un bras vêtu d’un pull et d’une veste en jeans. Ils s’éloignent tous vers les tables du fast food.
Je reste là, complètement abasourdi par le regard que l’on vient de me jeter. Je ne comprends pas. Ai-je fait quelque chose de mal ?
Mademoiselle « S. » est à mes côtés. Je lis le stress et l’inquiétude dans ses yeux. Mon bras est déjà engourdi tandis que ma main gauche saigne. Je remonte ma manche pour voir l’étendue des dégâts. J’ai l’avant-bras bleu et je distingue nettement chacune des marques de dents dans ma peau.
J’ai le cœur qui bat fort, très fort et pourtant je reste très calme. Je ne comprends pas mon état si zen, mais je propose à ma copine que nous reprenions notre marche et notre objectif festif.
Nous avançons et quand un peu de lumière est disponible, nous arrivons à mieux voir ce qui me cause tant de douleur. Plus que de simples marques, c’est la largeur de mon avant-bras qui est de couleur sang et les traces de dents sont profondes. Heureusement, ma main ne saigne que très peu.
Elle m’oblige à aller à la pharmacie pour me faire désinfecter ma plaie. Et nous marchons maintenant en direction de celle-ci tout juste 200 mètres devant nous.
2 minutes, peut-être 3 se sont écoulées depuis le début des événements... Et les lumières se sont allumées sur l’avenue d’Italie. Nous venons de passer le métro « Maison Blanche » et sommes à quelques dizaines de mètres de l’officine.
J’essaye tant bien que mal de rassurer Mademoiselle « S. » et de lui dire que ça va bien, que je vais bien. Pourtant, le bras me chauffe et mon rythme cardiaque est loin d’être apaisé.
Ses questions sur mon état continuent de pleuvoir lorsque nous sommes à nouveau interrompus par des cris ! Mais derrière nous cette fois-ci !