Cet article fait suite à ceux déjà publiés :
Paris en noir : 1ère Partie
Paris en noir : 2ème Partie
Des cris se font à nouveau entendre derrière nous alors que Mademoiselle « S. » m’interroge sur mon état de santé physique et psychologie.
Ces cris transpercent mon cerveau et je comprends dans l’instant la nature ce ceux-ci. Je me retourne et entame une course.
La vision que j’ai de cet instant est amusante... J’ai l’impression de courir au ralenti. Devant moi deux personnes s’agitent. Je cours très lentement et les passants semblent figés autour de moi. J’essaye d’accélérer, mais sans grand résultat. Mon cœur s’agite à nouveau dans ma poitrine.
Cette même femme africaine semble distribuer de violents coups à une autre jeune femme. Je vois ses poings voler dans tous les sens. Je crois qu’à ce moment, une passante intervient et lui agrippe le bras. Je ne suis qu’à quelques mètres, « encore un effort » que je pense.
C’est fait, j’y suis. L’agresseuse me tourne le dos et j’arrive à passer mes bras par-devant les siens pour les lui mettre dans le dos. La jeune femme agressée se protège tant bien que mal le visage alors que je me débats pour contenir l’énervée.
Des passants s’attroupent tout autour, mais aucun ne réagit. L’avenue d’Italie est embouteillée, mais personne n’a eu le réflexe de descendre de voiture pour intervenir. Les gens semblent affluer vers nous. D’ailleurs, bien plus de femmes que d’hommes.
Je vois le visage de la jeune femme et un sentiment d’horreur s’empare de moi lorsque je vois son œil gonflé et s’emplir de sans. J’ai l’impression qu’il va éclater tant celui-ci change de taille.
Dans la confusion générale, je hurle à l’assistance : « J’ai besoin de quelqu’un pour mettre cette femme à terre » désignant l’Africaine que maîtrise. Mais personne ne semble bouger. Je regarde autour de moi, mais je ne vois personne, mon regard revenant à chaque fois sur la blessée avec toujours cette même peur de la blessure grave !. Je hurle encore deux fois, pour demander de l’aide et enfin un homme m’aide à coucher la forçonnée sur le sol. Tandis que je lui tiens les bras dans le dos, lui, lui maintient les épaules presque au sol.
Mon regard se porte à nouveau vers la blessée et l’œil a encore gonflé. De rouge, il est maintenant bleu et le volume du sang sous l’œil est aussi important que celui-ci.
Mademoiselle « S. » m’indique que les secours sont en route... La pharmacienne d’en face est arrivée pour aider la blessée. Et de mon côté, l’Africaine semble avoir des propos incohérents. Elle a chaud, toujours mal à son pied. Une de ses tongs est rapportée par une passante. Les sacs sont éparpillés sur le trottoir.
Les secondes et les minutes me semblent interminables. « Mais que font les secours ? ». L’agitation semble retomber. L’homme et moi veillons à ne pas écraser la femme au sol par nos poids respectifs.
enfin, comme une délivrance, une sirène se fait entendre au loin. Je regarde en direction de l’avenue. Des gens ont ouvert leur fenêtre de voiture pour mieux profiter du spectacle. Certains ont même la portière ouverte, mais aucun n’est ici à nous aider.
Les gyrophares éclairent l’avenue et les policiers sortent du véhicule. Je regarde l’un d’entre eux fixement, directement dans les yeux, probablement pour montrer que j’ai quelque chose à dire. D’un autre côté avec une femme sous moi, cela semble plutôt évident.
L’agent me pose quelques questions et j’y réponds de manière brève et concise tout en maintenant ma prise. L’agent demande à l’un de ses collègues d’apporter un serreflex plutôt que des menottes. L’Africaine a toujours des propos incohérents. Je dessers les bras tandis que la police prend en charge cette femme. J’ai le pied engourdi par ma position et je me relève avec du mal.
La protection civile arrive à son tour, juste quelques secondes après les forces de l’ordre. La demoiselle agressée est assis à terre. Je crois que c’est moi qui lui ai demandé de s’assoir... Des femmes son autour d’elle.